La Laque Japonaise.

Publié le par 日本 の 愛


D'inspiration chinoise, la laque Japonaise va vite devenir un art totalement national, grâce à l'habileté et la patience des artisans Japonais. Surpassant par la qualité les laques des autres pays, les oeuvres de Nara et Kyôto vont rapidement être exportées à travers toute l'Asie.

Dès la période de Nara (710-784), les laques sont déjà très répandues et encouragées par le gouvernement lui-même. A l'époque de Héian, c'est la technique du Maki-e qui marque la différence avec les laques chinoises. En mélangeant des poudres d'or ou d'argent dans la pâte de la laque, la finesse des compositions devient spectaculaire. Les décors chinois chargés sont alors remplacés par des motifs à la fois plus sobres et plus raffinés.

Avec l'époque Kamakura (185-1333), une grande partie des objets des Nobles Japonais sont dorénavant laqués (coffres, miroirs, sabres, stylos, plateaux, vases, etc..). On voit également apparaître les premiers motifs en relief (Taka maki-e). Parallèlement les objets religieux atteignent eux aussi une grande finesse. Fonds noirs et rouges sont désormais la norme avec un décor dépouillé (Mon, feuilles d'arbres...)

L'ère Muromachi (333-1573) et l'ère Momoyama (1573-1603) voient un retour aux oeuvres chinoises comme dans l'ensemble de la culture Japonaise. Ceci permet d'importer de nouvelles techniques comme les Chinkin (Incrustations d'or).

L'époque Edo (603-1868) voit la généralisation à une plus grande partie de la population d'objets en laque incrustés de poudre d'or et de nacre (Inrô, écritoires, peignes). La décoration s'éloigne alors des critères de sobriété pour se rapprocher de celui des marchands, plus sensibles à une plus riche décoration.


La technique :


La laque est en fait un latex issu d'arbustes de la famille des Térébinthacées, communément appelé « arbres à laque ». Au Japon, on utilise la sève de l' « Urushi » ou du « Foasi ». On fait des encoches dans l'arbre, on en recueille la sève que l'on filtre ensuite à travers des linges pour l'épurer. Puis on chauffe la laque au soleil pour faire évaporer l'eau qu'elle contient. La laque est composée d'acide uruchique (85 %), de gomme (3 %), d'eau (9 %) et d'albuminoïdes (3 %).

Pour faire un objet en laque, il faut tout d'abord faire une âme en bois, en menuiserie. Très rarement on a utilisé du papier, du métal ou du bambou pour l'âme, mais le bois reste la matière la plus courante.

Ensuite, il faut apprêter l'âme, soit avec de la laque, soit avec de la colle animale. Puis on superpose les couches de laque. En général, une trentaine de couches, chacune devant être complètement sèche avant de mettre la couche suivante. Il faut savoir que la laque ne sèche quand dans une atmosphère humide et à une température de 38°C à 44°C. Une fois sèche, la laque forme un film insoluble et sans pores.

La surface obtenue doit être parfaitement plane pour pouvoir ensuite recevoir le décor final fait d'huile végétale et de pigments. Enfin, il faut polir.
L'aspect des objets en laque est bien souvent noir, mais en fait ils sont plutôt brun-rouges, et plus ou moins translucides.

La décoration :


Pour ce qui est de la décoration, on peut graver la laque, la peindre à l'or ou à l'argent, l'incruster de différents matériaux : ivoire, nacre, pierres, ambres gris, coquille d'œuf, etc..

Le plus souvent on utilise de la feuille d'or jaune, mais aussi de l'or vert, rouge et blanc, en feuille ou en poudre. Bien souvent, on peint les détails à l'encre de Chine directement sur la feuille d'or.

On fait également des décors en relief, en rajoutant plusieurs couches de feuilles d'or. Il faut être conscient que l'aspect actuel d'anciens objets en laques n'est pas le même qu'à l'origine. En effet, les couleurs passent et il faut s'imaginer des objets beaucoup plus en couleurs que de nos jours. (La même chose vaut pour tous les meubles en bois par exemple, qui pouvaient parfois être multicolores).


Les artisans-maîtres les plus connus du Japon sont :



- Naga Shige (1599-1651)
- Kano Nao Nobu (1607-1650)
- Kaji Kawa (mort en 1682)
- Ta Tsuki Yei Suke (XIXème siècle)
- Gonroku Matsuda (XXème siècle)
- Katsutaro Yamazaki (XXème siècle)
- Yomio Yoshino (XXème siècle)


Conservation :


La laque craint la lumière, les trop grandes différences de température et l'humidité. C'est pourquoi il faut surveiller l'évolution « climatique » des pièces ou des vitrines dans lesquelles des objets en laque sont conservés...
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E
Ohhhh ! c'est trop beau !!! ça brille de partout et les dessins sont... si finement bien faits !!! waaaa !
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